samedi 8 février 2014

Chronique #103 : L'étranger d'Albert Camus


Titre : L'étranger
Auteur : Albert Camus
Edition : Folio
Nombre de pages : 184

Résumé : "Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français". 

Mon avis : La première phrase est signifiante et extrêmement célèbre : "Aujourd'hui maman est morte, ou peut-être hier, je ne sais pas". A la base, l'histoire est assez simple. C'est l'histoire de Mersault, un homme qui va à l'enterrement de sa mère, qui tombe amoureux d'une certaine Marie, qui se lie d'amitié avec son voisin de palier et qui va faire une bêtise en tuant quelqu'un. Sauf que Mersault n'a pas tiré qu'une seule balle sur le jeune homme qu'il a abattu, trois autres ont suivi. Comment expliquer cela aux juges ? Et bien, Mersault ne tente même pas de se justifier, il reste impassible tout le long du procès, sans exprimer le moindre regret. Mais finalement, à part cette intrigue somme tout assez simple, nous ne savons rien de Mersault.
 
Pourtant, le récit est en focalisation interne, ce qui veut dire qu'on devrait partager les pensées du narrateur. Je peux vous dire que le roman porte bien son nom puisque Mersault est étranger à tout. Il n'est concerné par rien. Par exemple, Marie lui déclare plusieurs fois son amour et celui-ci se contente de lui répondre qu'il ne l'aime pas. J'avais l'impression d'être face à un personnage que rien n'atteint. C'est un personnage insaisissable. En fait, Mersault est à la fois dans la vie et hors de la vie.
 
J'ai bien aimé lire ce roman, qui se comprend assez bien même si le narrateur est d'une opacité déroutante. Mais, c'est un roman moderne. Et même si Camus n'est pas aussi extrême que les romanciers du Nouveau Roman, la composante romanesque qu'est le personnage en prend un sacré coup ici ! Une bonne lecture, en résumé. :)

Ma note :
 
 
"Mais tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue."

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